De la présidence de l’Europe…

19 November 2009

L’Union Européenne a depuis ce soir un Président.

Union Européenne

On pourrait épiloguer des heures sur le fait qu’il n’a aucune légitimité, puisque le Traité de Lisbonne qui crée son poste n’entre en vigueur qu’en décembre, ou encore puisqu’il n’est pas élu par le peuple, mais désigné au terme d’un arrangement entre les chefs d’état ou de gouvernement…

On pourrait aussi dire qu’il est absolument inconnu, et qu’il ne risque certainement d’avoir un poids politique important, susceptible de mettre à mal l’influence des chefs d’état…

On pourrait encore s’étonner du fait que les journalistes nous expliquent depuis des semaines que sur les trois postes créés par le Traité de Lisbonne, (Président, Super-Ministre des affaires étrangères et Secrétaire Général du Conseil) l’un doit revenir à l’Europe du Sud, un à l’Europe de l’Est, et l’un à l’Europe du Nord, et que cela n’a pas du tout été respecté…

En fait, on pourrait retenir que ni les opposants à l’Union Européenne, ni les partisans d’une Europe forte au niveau mondial, ni ceux qui sont pour une Europe des Nations ne seront satisfaits par ce choix…

Mais je me contenterai de relever une petite chose sur ce Président, catastrophique sur le plan international, calamiteuse pour la crédibilité de l’Europe toute entière.

Il est Belge.

; – )


De l’impuissance de la Société des Nations…

18 November 2009

Vous connaissez la Société des Nations ?

Fondation de la SDN

Un petit effort, ce devait être au programme de vos cours d’histoire en quatrième…

Mais si, cette organisation regroupant des États après la Première Guerre mondiale, sorte de préfiguration de l’ONU, et qui n’a pas servi à grand-chose, et en particulier pas à empêcher la Seconde.

Et bien tout le monde s’accorde à penser que si elle a échoué dans sa mission de garantir une paix mondiale, c’est parce qu’elle n’avait pas de force armée qui lui soit propre. Elle n’avait aucun moyen de pression, que ce soit économique ou militaire, qui aurait pu apaiser des nations belligérantes.

C’est pourquoi, aujourd’hui, l’ONU est doté d’une (petite) force armée, et elle peut décider à l’occasion de sanctions économiques contre des Etats qui ne respecteraient pas les lois internationales. (Ok, c’est vraiment très basique comme analyse géostratégique, mais vous allez voir…)

Imaginez maintenant que le monde, c’est comme une famille. Il y a d’un côté les parents, qui doivent essayer de maintenir un peu de cohésion (voire d’amour !), et de l’autre les enfants, avec option “petits enfants modèles” ou “sales gosses”.

Et bien de même que la SDN, si les parents n’ont à leur disposition ni sanctions économiques (“Privé de dessert/d’argent de poche/de télé/de sortie, rayez les mentions inutiles) ni force de frappe militaire (la fessée) pour empêcher les bêtises des mômes, on risque la guerre fratricide.

Mais ça, des psychologues/médecins/pédagogues ne l’ont toujours pas compris… et pas de bol, certains d’entre eux sont à l’Assemblée.

Pourtant, il suffisait d’avoir fait un peu de latin pour comprendre cela : Si vis Pacem…


Des erreurs de communication…

9 November 2009

« Privatreisen nach dem Ausland können ohne Vorliegen von Voraussetzungen (Reiseanlässe und Verwandtschaftsverhältnisse) beantragt werden. Die Genehmigungen werden kurzfristig erteilt. Die zuständigen Abteilungen Paß- und Meldewesen der Volkspolizeikreisämter in der DDR sind angewiesen, Visa zur ständigen Ausreise unverzüglich zu erteilen, ohne daß dafür noch die Voraussetzungen für eine ständige Ausreise vorliegen müssen. […] Ständige Ausreisen können über alle Grenzübergangsstellen der DDR zur BRD erfolgen. »

« Les voyages à titre personnel vers l’étranger peuvent être entrepris sans conditions [motif du voyage et condition de parenté]. Les autorisations seront données dans de brefs délais. Les services compétents de la Volkspolizei [les Vopos] ont pour ordre d’accorder immédiatement les autorisations de quitter le territoire, même sans que les conditions pour une sortie du pays soient remplies. (…) Les sorties du pays sont possibles par tous les points de passage de la RDA vers la RFA. »

Günter Schabowski

Membre du Politburo du Comité central du SED en DDR

„Wann tritt das in Kraft?“ – “Quand cela entre-t-il en vigueur ?”, Schabowski répond textuellement : „Das tritt nach meiner Kenntnis… ist das sofort, unverzüglich.“ “Pour autant que je sache, cela entre en vigueur… c’est maintenant, immédiatement.”

C’est beau ce à quoi peut aboutir une conférence de presse mal préparée…

Gloire à tous ceux qui luttent à l’Est !


De l’union et de l’Unité

21 October 2009

Cette grande nouvelle est apparue hier après-midi, notamment dans La Croix : un grand nombre d’Anglicans s’apprêtent à rejoindre l’Eglise Catholique. On parle quand même de dizaine d’évêques, de centaines de prêtres et de centaines de milliers de fidèles !

Excellente nouvelle, certes attendue depuis quelque temps, mais comme il est bon de se dire que les chrétiens sont capables de s’unir, plutôt que de se diviser encore et toujours !

Quelques petites questions que je me pose quand même…

  • Cela aura-t-il une influence sur les discussions qui s’ouvriront la semaine prochaine avec la Fraternité St Pie X ? Cherche-t-on à leur montrer que l’Eglise souhaite accueillir tous les chrétiens, sans affaiblir son message et sa foi, mais en laissant la porte ouverte à d’autres rites ? Dans ce cas, j’espère qu’ils vont se trouver rassurés par cette nouvelle.
  • Dans quelle mesure peut-on créer des “ordinariats personnels”  (“circonscriptions ecclésiastiques qui regroupent des fidèles et des prêtres non pas sur une base d’abord territoriale, comme les diocèses, mais à partir de leur lien personnel à une tradition particulière) ? Aura-t-on bientôt, par exemple, un évêque Catholique-Anglican pour la France ? Dans ce cas, quels liens auront les catholiques de rite anglican (je ne sais pas si la formulation est bonne, mais faute de mieux, je l’emploie…) avec les autres catholiques, de rite romain ?
  • Et à long terme, si les ordinariats personnels se multiplient, assistera-t-on à la fin des diocèses, qui existent pourtant depuis les premiers temps de l’Eglise ? Dans ce cas, la difficulté va être de faire en sorte que les catholiques de différents rites vivent ensemble, dans une même Eglise, une même Assemblée, au lieu de simplement coexister sur un territoire, en partageant des églises. Il serait merveilleux que les chrétiens appartiennent à une seule Eglise, qui professe la même Foi, et qui reconnaisse l’autorité du successeur de St Pierre (entre autres choses…), mais il serait encore mieux – je crois – que cette Eglise ne soit pas seulement une fédération d’Eglises, chacune ayant ses propres prêtres (mariés ou non…), ses propres diocèses, ses propres rites… Bref, plus que l’union des chrétiens dans l’Eglise, il faut l’Unité des chrétiens dans l’Eglise :
    Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. (Jn, XVII, 20-21)

De la récupération des suicides

20 October 2009

Puisque les media continuent à parler de suicides chez France Télécom, je vous livre brièvement trois questions que je me pose depuis quelques jours :

  • Certains syndicats tentent-ils de “récupérer” ces suicides pour obtenir des conditions de travail plus favorables ? Il est normal que les syndicats travaillent à augmenter les salaires des employés, à réduire leur nombre d’heures de travail, à augmenter leurs avantages. Mais faire de ces suicides un argument me dérange quelque peu…
  • Y a-t-il vraiment plus de suicides chez France Télécom qu’ailleurs ? En particulier, il faut voir ces quelques statistiques (ici ou ), qui remettent un peu les choses à leur places, sans pour autant sous-estimer la douleur et le désespoir de ces situations.
  • Enfin, ne peut-on pas penser que c’est partout pareil ? En particulier au vu de ces papiers de l’Huma, repris ici ? De tels suicides ont lieu  dans de nombreuses entreprises, et on n’en parle jamais.

Alors pour conclure, j’aimerais vous épargner le sempiternel “Tout va de plus en plus mal”, mais je ne peux pas m’empêcher quand même d’être un peu surpris par une société qui, si elle promeut le bien-être (matériel), crée chaque jour un peu plus de désespoir…


De la monarchie et de la république

15 October 2009

Le Monde ose dire que l’affaire du fils du président de la république, bientôt élu/nommé à la présidence d’un établissement public, est révélatrice d’une “culture monarchiste française latente dans notre pratique politique et constitutionnelle depuis 1789″.

J’ai quelques difficultés à comprendre pourquoi on se sent obligé de ramener toutes les histoires de favoritisme à la monarchie. C’est mal connaître l’histoire de France que de s’imaginer qu’un roi pouvait tout se permettre, sans subir de contrôle de la part de ses pairs, ou du parlement.

Au contraire, même sous les monarques absolus, on a préféré anoblir des roturiers compétents, plutôt que de confier de grands portefeuilles à des nobles ou à des proches moins capables. La comparaison entre l’époque actuelle et la monarchie tient donc de la caricature, c’est toujours dommage dans ce qui est sensé être un journal de référence…

Et puis, en parlant de népotisme, il est intéressant de se plonger dans l’étymologie de ce mot :

Le népotisme (emprunt à l’italien nepotismo, de nipote, « neveu ») est la tendance de certains papes, et par extension de certains dirigeants, à favoriser l’ascension de leur famille ou leur entourage dans la hiérarchie dont ils sont le sommet.

Cherchez bien, quel est le neveu d’un président français qui a bénéficié de son patronyme pour obtenir un poste prestigieux, et qui a récemment défrayé la chronique ?

Alors, le népotisme semble-t-il plutôt monarchiste ou républicain ?


De l’anarchie en action

12 October 2009

Je suis un peu désemparé par ce genre d’évènements… Quelle organisation derrière tout ça ? Multinationale anarchiste ou simple coïncidence ? Quelle réaction peut-on avoir ?
Et surtout, qu’est-ce que cela révèle de l’état de notre société, de notre nation, de notre culture, lorsque les évènements de ce genre se reproduisent de plus en plus fréquemment ?

Pour plus d’informations :


Du courage de risquer chaque jour sa vie pour une noble cause…

9 October 2009

Libé.fr

Barack Obama a reçu ce matin le prix Nobel de la Paix ! Le moins qu’on puisse dire est qu’il le mérite amplement.

Qu’a-t-il fait pour la Paix demandent les sceptiques ? Des “efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples” !

“Le comité a attaché beaucoup d’importance à la vision et aux efforts d’Obama en vue d’un monde sans armes nucléaires, a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.

Il faut rendre justice à Obama : il soutient ces causes au péril de sa vie ! Il s’est donné corps et âme à leur service ! Il y a investi tout son temps ! Toute sa fortune… Il a même osé faire un discours sur ce sujet à Prague… Quel courage !

Et quelle originalité de la part du Parlement suédois, qui n’avait que l’embarras du choix, et qui a honoré un quasi-inconnu. C’est vraiment tout à son honneur de ne pas avoir voulu récompenser un type célèbre. C’est réellement un choix audacieux de sa part !

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Non, honnêtement, en voyant ça, en voyant apparaître l’image d’Obama sur tous les sites des journaux français, vous n’avez pas eu un peu l’impression qu’on était le premier avril ?

Plus sérieusement, le problème est que le seul moment, chaque année, où la Suède se fait entendre à l’étranger, c’est lors de la remise des prix Nobel, et de celui-là en particulier… Ca ne peut que pervertir, année après année, la portée et la signification de ce prix.

Pour finir, une petite question subsidiaire : à partir de quel moment peut-on dire qu’on d’idolâtre quelqu’un ?


Faut-il attendre que les publicitaires réfléchissent ?

29 September 2009

Depuis quelques semaines, on peut admirer cette magnifique campagne de publicités…

Vous vous doutez déjà que cette pub m’enchante ! Le slogan final en particulier :

“Faut-il attendre que les hommes tombent enceintes pour faire de la contraception un sujet qui nous concerne tous ?”

Passons sur l’expression “tomber enceinte” (peut-être faut-il dire d’ailleurs tomber “enceint” pou un homme ?), qui ressemble trop à “tomber malade”, et qui est définitivement trop péjorative, là où on devrait être au contraire émerveillé à l’idée d’accueillir une vie !

Sur le fond, cette publicité prend en fait le problème à l’envers. Le slogan part sur une mauvaise base. Comment peut-on espérer dans ces conditions obtenir une réponse juste ?

En fait, ce que les publicitaires et ceux qui mettent en place les politiques de santé n’ont pas compris, c’est que c’est justement à cause de la contraception que les hommes ne se sentent pas concernés par les éventuelles grossesses des filles.

Imaginez. Si votre femme/compagne/copine/découverte du soir (rayez les mentions que vous voulez, vous imaginez facilement à laquelle va ma préférence) prend la pilule, comment voulez-vous vous sentir impliqué en tant qu’homme ? Vous ne servez à rien dans ce dispositif, vous n’avez pas à intervenir. Et c’est exactement la même chose pour un implant, un patch, ou pire encore, un stérilet !

On remarquera au passage, à l’heure où le bio et le naturel sont à la mode, qu’il est pour le moins paradoxal de se gaver d’hormones artificielles par la bouche, par la peau, sous la peau…

Mais le principal problème, c’est que le mec n’a rien à faire, il n’est d’aucune utilité, tout est géré par la fille ! Alors évidemment il est complètement déresponsabilisé !

Et si, malgré tous ces moyens pour éviter à tout prix d’avoir des enfants, si (oserai-je dire par bonheur) un enfant pointe le bout de son nez, le mec se barrera…

Et on ne réglera évidemment pas le problème en faisant des publicités qui ne font au final que perpétuer un système intrinsèquement néfaste, en encourageant à toujours plus de contraception, fut-elle abortive (et oui, avec la pilule du lendemain, du sur-lendemain, le stérilet, un futur bébé meurt. Ce n’est pas beau à dire, mais c’est comme ça).

La seule manière de régler ce problème, c’est d’essayer de rendre les gens un peu plus responsables de leurs actes. Mais ce n’est en général pas avec de simples pubs qu’on y arrive.

Et si par malheur quelqu’un (un pape par exemple…) ose le dire, tout le monde lui tombera dessus


A peine assez long pour faire une note de blog.

26 September 2009

Comme d’habitude, je pars d’un article de journal pour nourrir ma réflexion. Aujourd’hui, c’est dans Le Figaro.

Cet article s’appelle les “Sept défis de Benoît XVI”, et il est écrit à l’occasion de son voyage en République Tchèque. Tout ce qu’on trouve d’ailleurs à nous dire en général dans les media sur ce voyage pontifical, c’est qu’il y va pour les 20 ans de la chute du mur, ce qui me paraît un peu limité comme motif. On nous dit aussi que la pratique religieuse est d’à peine “5 %, l’une des plus basses d’Europe”, et que “Benoît XVI va encourager les trois millions de catholiques (31,7 % de la population) à s’avancer en témoins du Christ”. On parle “d’ambiance très sécularisée” en République Tchèque, et on nous dit sans cesse qu’il n’y a que 4,5% de pratiquants en France. Je n’ose même pas imaginer comment on peut appeler la France… le royaume de l’athéisme ?

Mais revenons sur les sept défis – sept, comme les dons de l’Esprit, c’est un minimum pour un Pape !

  • Finir d’écrire le second tome de son Jésus de Nazareth ;
  • Discuter théologie avec les lefebvristes ;
  • Réconcilier l’Église avec le peuple juif ;
  • Béatifier Jean-Paul II ;
  • Se rapprocher des orthodoxes, en particulier du Patriarche de Moscou ;
  • Réunir un synode sur l’Afrique, et un autre pour sauver les chrétiens du Proche-Orient ;
  • Voyager (Royaume-Uni, Portugal, Malte, Allemagne, Biélorussie, voire Viet-Nam et Chine, mais il ne faut pas rêver…).
  • Et le Figaro d’ajouter un 8ème et un 9ème but à ces sept-là (comme les Trois mousquetaires qui sont quatre) : réformer “en douceur” la liturgie, et définir l’identité du prêtre.

Et bien j’avoue être assez d’accord avec le journaliste, qui aurait certes pu classer ces objectifs par ordre d’importance, mais ces différents points montrent au moins clairement la priorité du Saint-Père : la vie spirituelle de l’Eglise, centrée sur l’Eucharistie, autour de ses prêtres ; et l’unité de l’Eglise, toujours à rechercher, quelles que soient les oppositions, les difficultés et les distances qui séparent les chrétiens.

Et sur ces deux bases, évangéliser et sauver le monde. Quel témoignage en effet lorsque tous les chrétiens, ensemble, nous serons un (Ut unum simus), et lorsque l’Église toute entière saura vivre de l’Eucharistie (Ecclesia de Eucharistia).