Publié par : Goéland | 17 septembre 2014

Je mets ça là…

Les différences entre les personnes et les communautés sont parfois inconfortables, mais l’Esprit Saint, qui suscite cette diversité, peut tirer de tout quelque chose de bon, et le transformer en un dynamisme évangélisateur qui agit par attraction. La diversité doit toujours être réconciliée avec l’aide de l’Esprit Saint ; lui seul peut susciter la diversité, la pluralité, la multiplicité et, en même temps, réaliser l’unité. En revanche, quand c’est nous qui prétendons être la diversité et que nous nous enfermons dans nos particularismes, dans nos exclusivismes, nous provoquons la division ; d’autre part, quand c’est nous qui voulons construire l’unité avec nos plans humains, nous finissons par imposer l’uniformité, l’homologation.

François
Evangelii Gaudium, 131

 

« L’Esprit peut tirer de tout quelque chose de bon », des Chrétiens de gauche comme de l’Abbé Grosjean.

Et merci aux Cahiers libres pour leurs articles apaisants…

Publié par : Goéland | 11 juin 2014

Se réjouir ou désespérer ?

Avec la fin du printemps reviennent, comme chaque année, les baptêmes d’enfants, les premières communions, les professions de foi, les confirmations. Autant de fêtes pour les garçons et filles qui vivent ces sacrements¹, de belles fêtes aussi pour les parents, frères et sœurs, grands-parents, parrains et marraines, oncles et tantes, cousins et cousines, qui prennent part à la célébration, avant d’aller prendre place à table.

Et nos églises sont combles pour ces occasions. Joie ! Plus une place assise près d’un quart d’heure avant le début de la célébration ! Mais la joie de voir la foule se presser dans l’église est – pour moi en tout cas – souvent gâchée…

Ils vont s’être mis sur leur trente-et-un. La petite Louane-Kenza aura une mini-robe de mariée, de ravissantes chaussures à talon roses, et sa maman l’aura si bien maquillée qu’elle brillera plus qu’un ostensoir. Tom-Ilyes, lui, portera fièrement un mini-costume blanc et ses plus belles Nike.

Les photographes seront de sortie. Prêts à tout pour saisir le moment suprême, celui ou leur neveu recevra le Corps du Christ dans ses mains. Et tant pis si, pour capturer cet instant unique, ils doivent enjamber les servants de messe, bousculer le chantre et monter sur l’autel.

Les cousins qu’on a traînés pour qu’ils viennent seront là aussi. Ils prendront place dans la nef, le temps de saluer en pouffant (« Eh, t’as vu, il a mis une robe ») Enzo-Nathan qui s’efforce de ne pas marcher sur son aube pendant la procession, avant de sortir discrètement de l’église au bout d’un quart d’heure (« Pfff, c’est vachement long leur truc… ») par la petite porte du fond, celle qui grince bien fort.

La petite porte du fond qui grince bien fort qui se rouvrira d’ailleurs quelques secondes plus tard, pour laisser passer les retardataires (« Je t’avais bien dit que ça commençait à 10 h, pas à 10 h 30 ! »).

Le tout au milieu des pleurs des bébés, des lectures-qu’on-ne-comprend-pas-parce-que-les-lecteurs-ne-savent-pas-lire, et du visage désespéré du prêtre qui cherche dans l’assemblée quelques têtes connues, quelques regards compatissants… Sans compter que ça va durer deux heures, et qu’on sera assis sur un prie-Dieu.

Ca fait beaucoup de raisons d’être énervé, et de lever les yeux au ciel, le dimanche d’avant, en lisant « Premières communions » dans les annonces paroissiales. Beaucoup de raisons d’essayer de se tirer pour le week-end (« Tiens, on irait pas chez tes parents la semaine prochaine ? »),  d’aller à la messe plut tôt (« Si on réveille les enfants à 6 h, je crois qu’on peut être à la messe de 8 h ! ») ou même de changer de paroisse pour l’occasion – mais généralement, ce sont aussi les premières communions dans l’autre paroisse ! Bref, beaucoup de raisons de désespérer…

Alors ?

Se réjouir d’une église pleine ? Ou désespérer d’une église pleine de gens qui n’ont rien à foutre de ce qui se passe ?

Se réjouir que l’Eglise arrive à attirer tant de monde ? Ou désespérer que les chrétiens n’arrivent pas à les intéresser à ce qui se vit vraiment dans les églises ?

Se réjouir que les sacrements soient encore des symboles qui marquent la vie les familles ? Ou désespérer parce que si personne ne prête attention au sens de ces symboles, ils sont voués à n’être que de pseudo-rites de passage, comme le bac, le service militaire la JAPD JDC ?

Se réjouir parce que les sacrements touchent le cœur de ces jeunes ? Ou désespérer parce que les fruits d’un sacrement qu’on ne reçoit que pour avoir des cadeaux sont forcément limités ?

Se réjouir d’avoir des jeunes qui grandissent dans la foi ? Ou se désespérer parce qu’en fait, ils n’auront jamais vraiment la foi ?

Ou se désespérer parce que ces enfants, habillés comme des clowns, qui n’ont rien écouté au caté, qui ne connaissent pas le début d’une prière par cœur, qui ne savent pas lire, qui font exprès de chanter faux², dont les familles sont insupportables, ces enfants, ils me donnent, dans leur faiblesse et leurs manques, un témoignage de foi que je ne suis même pas capable de voir, moi, le catho-bien-comme-il-faut, qui viens à la messe tous les dimanches, qui râle de voir mes petites habitudes perturbées, qui ne daigne même pas faire bon accueil à mes voisins qui mettent les pieds dans une église pour la première fois en dix ans³, parce que je sais qu’ils vont me saouler pendant toute la célébration ?

Se désespérer parce que, pauvre pharisien, je crois que ma foi est plus forte, plus belle, plus pure que la leur ?

Ou espérer au contraire, parce que ces gosses qui demandent le baptême, qui communient au Corps du Christ, qui proclament leur foi, sont quand même sacrément courageux ?

Espérer parce qu’ils me font prendre conscience du Bien que m’ont apporté ces sacrements, et laissent penser que ces enfants pourront aussi grandir dans la foi, grâce à eux ?

Espérer parce que l’Esprit trouve le moyen d’agir, malgré les chrétiens comme moi ?

—–

¹ Je sais, la profession de foi n’est pas un sacrement ! Mais comme en général, pour ces gosses, c’est aussi la deuxième communion, ça fait un sacrement quand même !

² En vrai, ils font exprès, hein ? C’est pas possible sinon…

³Vu la gueule que je tire pendant toute la messe, tu m’étonnes qu’ils ne viennent pas plus souvent…

 

Publié par : Goéland | 13 mai 2014

Faut-il déranger les évêques ?

Vache_charolaise_et_son_veauLes boîtes de courrier électronique des évêques de France et particulièrement la mienne sont remplies de courrier de gens qui envoient une lettre standardisée qui est sensée leur faire prendre conscience de leur devoir de défendre la vie dans les questions de société d’aujourd’hui. Ces diffuseurs courageux ont-ils vraiment foi en la parole du Christ qui promet son Esprit Saint à l’Eglise et en particulier à ses apôtres et à leurs successeurs ? [...] 

Ils sont gentils tous ces conseillers qui restent derrière leur ordinateur pour diffuser des lettres toutes faites sans jamais vérifier l’information. Cela permet de ne pas se mouiller dans les débats actuels. Ils ont pris le beau nom de précurseurs. Jean Baptiste, le vrai précurseur avait plus d’allure. De quoi sont-ils les précurseurs au juste ? Du courage ? De la liberté d’expression ? Hélas non ! Je crois plutôt de la division ! Tant de personnes s’érigent en magistère autoproclamé de l’Eglise : de Golias à la « porte latine », en passant par le « salon beige » et les « baptisé-e-s ». Tous ces gens ne servent que la division ! Tentation permanente des chrétiens dont Satan se sert habilement.

Plutôt que de lire sur les réseaux sociaux des choses qui ne servent qu’à nous diviser, je vous suggère un discernement déjà proposé par Ignace de Loyola. Quand vous lisez ces pamphlets, certes, ils vous fascinent mais vous laissent le cœur plein d’amertume. Quand vous lisez l’Evangile, c’est le Christ qui vous fascine et vous restez le cœur en paix. Donc, lisez plutôt l’Evangile !

Mgr Michel Aupetit

Evêque de Nanterre

Belle réflexion de Mgr Aupetit, qui vient confirmer une impression que j’ai depuis longtemps : les râleurs professionnels de l’Eglise, qu’ils soient d’obédience tradie ou progressiste, se ressemblent étrangement. Lire la Suite…

Publié par : Goéland | 12 mars 2014

Mépris ordinaire

Ce film dérangeant mais nécessaire dénonce une réalité terrible, celle des mariages forcés, qui concerne selon le Fonds des Nations Unies pour la population quelque 14,2 millions de filles de moins de 18 ans chaque année, principalement en Afrique subsaharienne et Asie du sud. La France n’est pas épargnée: 70.000 jeunes filles seraient concernées.

Lisa Azuelos a pris le parti de mettre en scène ce fléau chez des Parisiens aisés : « Je ne suis pas là pour braquer la lumière sur une population et dire ‘Regardez ce qu’ils font à leurs femmes’. De plus, on a besoin de s’identifier pour être en empathie. C’est pourquoi j’ai choisi de tourner à Paris. Quand les gens vont voir ce film, ils vont ressentir quelque chose qu’ils ne pourraient pas ressentir si cela ne les concernait pas. C’est malheureux mais très humain. » Choc assuré.

BFM TV

Un film pour dénoncer le mariage forcé des petites filles. Très bien. Noble cause. Comme la lutte contre toutes les violences faites au femmes, aux enfants, aux homosexuels, aux SDF, aux Juifs, aux Chrétiens d’Orient, aux embryons, aux malades, aux handicapés… Lire la Suite…

Publié par : Goéland | 28 janvier 2014

O tempora…

Code civil

Je n’ai que peu de souvenirs des cours de droit que j’ai suivis en école de commerce. Non pas que c’était inintéressant – au contraire, étant d’un naturel plutôt rigoureux (selon moi), ou même psychorigide (selon ma femme), c’était une matière qui me convenait parfaitement. Mais après 10 ans sans pratiquer cette discipline, la poussière a fini par s’accumuler sur mes maigres connaissances. Pourtant, un événement récent a fait ressortir un souvenir.

Notre prof nous avait expliqué qu’il y avait deux notions primordiales dans le droit des contrats, qui ne pouvaient être clairement définies : celles de « bon père de famille » et de « bonnes mœurs« . Expressions anciennes, un peu désuètes peut-être, à une époque où le père n’est évidemment plus le chef de famille, et où les mœurs sont si variées d’une culture à l’autre qu’on serait bien en peine de se mettre d’accord sur ce qui est moralement acceptable dans notre société.

L’Assemblée vient justement de supprimer toutes les mentions de « bon père de famille » dans les textes législatifs. C’était apparemment discriminatoire envers les femmes. Si ça les amuse… Lire la Suite…

Publié par : Goéland | 14 janvier 2014

Euthanasie : le mensonge et la confiance

80717.broJe ne reviendrai pas sur les mensonges récurrents. Sur la tromperie des électeurs, sur le « Mon véritable adversaire, c’est la finance », sur le « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire », sur sa loyauté vis à vis de sa ses femmes... Vous me direz que c’est dans l’ordre des choses, que ses prédécesseurs l’avaient déjà fait. Et que leur parole, à tous, ne vaut pas grand chose…

Mais dans ma grande naïveté (je n’ose appeler cela de l’espérance en l’homme…), j’ai toujours un espoir que ça va s’arrêter.

Alors faisons un peu de travaux pratiques sur la fin de vie.  Lire la Suite…

Publié par : Goéland | 10 janvier 2014

Laissez les petits enfants… avec leurs parents !

Un débat comme seuls les cathos savent en faire : les gosses qui pleurent à la messe. Le problème est certainement discuté tous les dimanches à la sortie de la messe, mais il prend une ampleur particulière sur Internet ces jours-ci, avec d’abord quelques articles (un de La Vie, suivant un autre de La Croix, suivant lui-même un billet de Blog de La Vie) et ensuite quelques beaux débats sur Twitter.

Vous me permettez quelques petites remarques sur ce sujet ? Juste pour vous faire part de mon expérience, avec trois enfants, trois paroisses « officielles » en cinq ans, des messes le matin, le soir, en semaine, à la ville ou en campagne, et même quelques (trop) rares essais d’adoration… Lire la Suite…

Publié par : Goéland | 9 janvier 2014

Sans illusions, mais quand même…

D’un côté

Un Président de la République qui donne l’impression de ne pas très bien savoir où il va, de céder face aux revendications de tous… sauf celle de millions de chrétiens lancés dans la rue par leurs évêques.

Un Président pas bien pressé de condamner les Femen après leurs happening exhibitionnistes (et quand il condamne enfin ces agissements, il le fait a minima, ne cite pas les Femen, et n’en fait pas de pub sur twitter).

Un Président qui s’arrange pour virer les religieux du Comité Consultatif National d’Ethique.

Mais un Président qui, lorsqu’il est face aux responsables religieux pour leur souhaiter une bonne année, s’empresse de les brosser dans le sens du poil ou de leur faire de belles promesses… 

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Publié par : Goéland | 24 décembre 2013

Ne soyons pas… des canards sans tête !

Eux

Remplis d’idéologies à peine réfléchies

Remplis d’indignations factices

Remplis d’idées néfastes sous un vernis de bons sentiments 

Remplis d’anathèmes et de condamnations

Ils courent, comme des canards sans têtes. Ils courent sans conscience de leurs actes. Toujours plus vite, vers un avenir qu’ils imaginent radieux, vers un Progrès fantasmé, mortifère. Sans se rendre compte que leurs « solutions » ne font que créer d’autres problèmes, plus graves. Sans se rendre compte que les générations futures les jugeront sans pitié.

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Publié par : Goéland | 11 novembre 2013

En attendant la Révolution

Prémisses d'une révolution ?

Prémisses d’une révolution ?

On en voit tous les jours, dans tous les médias, des Français énervés, apeurés.

Apeurés de perdre leur boulot, de se retrouver à la rue, de ne pas pouvoir aider leurs enfants, ou même leurs parents… Énervés d’avoir choisi des incompétents. Des dirigeants qui créent polémique sur polémique (« attention, le racisme revient » après « attention, le fascisme revient », lui même suivant « attention, l’homophobie revient »…) pour détourner l’attention et masquer leur incapacité à gouverner. Des leaders qui jouent avec de grandes idées, qui parlent à tous moments des Valeurs de la République™, pour donner l’impression de prendre de la hauteur, alors qu’il faudrait plutôt qu’ils se décident à mettre les mains dans le cambouis pour rendre la vie plus simple. Notez que si je parle des gouvernants d’aujourd’hui, ceux d’hier ne me paraissaient pas plus vertueux…

Bref, on en parle partout, dans chaque journal, sur chaque télé, dans chaque tweet aussi, et on montre des chômeurs en larmes, des employés en colère, des agriculteurs qui brûlent des portiques, des entrepreneurs qui râlent, des lycéens qui manifestent…

Et face à cela, il y a une chose fascinante : une excitation. Lire la Suite…

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