Publié par : Goéland | 17 mai 2011

Y a-t-il vraiment besoin de mettre un titre ?

J’ai eu la chance de passer un week-end loin de toute télévision. Autant dire que le retour à la réalité, lundi, a été surprenant.

« Réalité » ? Les récents évènements new-yorkais ne sont en fait pour moi qu’une série télévisée. Pas parce que New-York Unité Spéciale a procédé à une arrestation devant les caméras, ni parce qu’on a vu les Experts Manhattan entrer dans un hôtel. Mais simplement parce que, après tout, cette affaire ne me concerne en rien. Elle n’est pour moi qu’une image de plus à la télévision, et n’a pas pas plus de répercussion sur mon existence que les fictions qu’on nous y présente habituellement.

C’est donc avec un point de vue totalement extérieur à cette affaire que j’écris ces quelques réflexions.

On a tout dit sur les commentaires et les réactions des journalistes, des politiques, droite et gauche confondues, des personnalités médiatiques, bref, de ce petit monde parisien. Allez lire les billets du Chafouin ou de Koz. Pour ma part, la réponse politique la plus intelligente que j’ai lue me semble être celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, même si l’image de la France à l’étranger me paraît être  une préoccupation bien dérisoire dans ce cas. La seule chose importante, pour que la justice soit rendue sereinement, est la compassion pour la victime et le respect de l’accusé.

Face à la justice américaine, j’éprouve un curieux mélange d’admiration et de dégoût. Admiration pour un pays où, aussi célèbre et puissant soit-on, on peut être arrêté et jugé sans aucun privilège, là où la justice française – juges et policiers – aurait certainement pris beaucoup plus de précautions. Dégoût parce que personne, dans ce système judiciaire, ne peut espérer un minimum de retenue, de discrétion. Que se passe-t-il aux États-Unis, lorsqu’un accusé est finalement acquitté ? Reçoit-il une compensation pour avoir vu son honneur jeté aux chiens médias ?

Les médias justement : une folie collective s’est emparée d’eux, et par la même occasion du grand public. Chacun est à l’affut d’images, d’informations – si possible confidentielles et exclusives. On regarde, avide, les photos de la chambre, du commissariat, du palais de justice, et maintenant de la prison. On analyse minutieusement le visage de l’accusé à chacune de ses apparitions. S’agit-il encore d’information ? Ou plutôt de curiosité et de voyeurisme ?

Face à ce qui est forcément un drame, quels que soient les actes qui se sont produits, restons respectueux, discrets, pudiques. Osons garder le silence.

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Responses

  1. Je suis d’acciord avec vous sur les médias, mais à une nuance près: en france aussi dès que quelqu’un est accusé son honneur est aux ch…


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