Publié par : Goéland | 5 octobre 2012

#EGC Méditer, est-ce bien chrétien ?

Prière, méditation, oraison, contemplation ?

Prière, méditation, oraison, contemplation ?

Du 12 au 14 octobre prochain, auront lieu à Strasbourg les Etats Généraux du Christianisme, et les blogueurs catholiques ont été invités à donner leur avis sur quelques une des thèmes qui seront débattus au cours de ces trois jours de rencontres. Par esprit de contradiction, je n’ai pas choisi l’un de ces thèmes, mais un autre, peut-être moins d’actualité : Méditer, est-ce bien chrétien ?

Je ne tiens absolument pas à me poser en pro de la méditation : les intervenants feront ça très bien. Mais en y réfléchissant un peu, voici, en quelques lignes, les différentes idées qui me viennent.

***

La méditation ? Une manière de s’extraire du monde, du bruit environnant, de la tempête et du fracas qui peuvent nous assaillir, pour retrouver la Paix, en soi. Comme une traduction de l’enseignement du Christ :

Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret.

Mt 6, 6

Mais s’il peut être utile de se retirer du monde pour mieux prier, il ne s’agit aucunement de se couper de tout, de rester seul. Il ne s’agit pas de se plonger en soi, mais, au fond de soi d’écouter la voix de Dieu.

Or, la méditation, aujourd’hui, est plutôt vue comme une concentration sur soi-même, sur son ressenti, sur sa propre perception de son intérieur bien à soi… et non pas pour s’ouvrir à Dieu. Faites un exercice simple : cherchez « méditer » sur Google. La première réponse ? Psychologies magazine :

S’immobiliser. Se taire. Etre témoin de ce qui se passe en soi. Pour beaucoup d’entre nous, cela ressemble à un défi. Nous avons été encouragés à multiplier les activités, à nous nourrir du « bruit et de la fureur » du monde, à considérer le silence comme stérile. Nous avons cru que la source de notre équilibre se trouvait à l’extérieur de nous. Et s’il n’en était rien ? S’il suffisait, pour se ressourcer et se protéger des agressions quotidiennes, de plonger régulièrement en son for intérieur ? Voilà ce qu’enseignent, depuis des siècles, les techniques orientales de méditation. Accessibles, simples, elles nous proposent néanmoins un virage à cent quatre-vingts degrés, nous ramenant vers ce que nous avons toujours fui. Aurons-nous le courage de passer à… l’inaction ?

J’ai comme l’impression qu’avec la « méditation » promue par Psychologies, on a perdu un peu de profondeur par rapport à la définition classique… Et je suis d’ailleurs certain que même les bouddhistes auraient du mal à reconnaître leur méditation dans le pâle ersatz de ce magazine.

A cause de cette redéfinition, de cette dénaturation de la méditation,

il ne me semble pas souhaitable de se plonger en soi-même pour le plaisir de s’admirer ou de se désespérer. Ce serait une attitude de repli, d’égoïsme, qui va à l’encontre de tout ce que dit le Christ. Par contre, il est bon d’entrer en soi pour y écouter la voix de la conscience :

Le Cardinal Newman a beaucoup parlé de ce « dedans » de l’homme ; avec lui, nous pouvons l’appeler la « conscience ». Elle est, disait-il, la « voix de Dieu » ; elle est « le premier de tous les vicaires du Christ » ; elle est « le prophète qui nous révèle la vérité. » (La conscience, p. 240) « C’est sur cette voix de la conscience que l’Église elle-même est fondée » (p. 244). « Elle n’a pas d’autre mission que de confirmer cette lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde ». Et il ajoutait ces mots bien connus : « Si j’avais un jour à porter un toast et à choisir entre le pape et la conscience, je porterais ce toast d’abord à la conscience et ensuite au pape. » (Honoré, p. 65 : la fidélité d’une conscience).

Homélie de Mgr Bagnard – 2 septembre 2012

Ce ne sont donc pas nos propres désirs, notre imagination, notre colère, nos sensations auxquels il faut prêter attention en méditant. Parce ce qu’il y a dans notre cœur peut nous rendre impurs. C’est bien Dieu dont nous devons au contraire entendre la voix, en nous, pour la mettre en pratique dans nos vies.

Plutôt que de s’écouter penser, je préfère écouter Dieu parler. Plutôt que de « faire le vide en moi », je préfère y rencontrer celui qui est Tout : « Mon Dieu et mon Tout ».

La méditation (dans le sens actuel et galvaudé) amène l’homme à s’écouter lui-même. Je préfère la contemplation.

***

Père Jérôme

Père Jérôme

Et si vous voulez un vrai avis, d’un pro de la contemplation, vous pouvez lire Béatitude, contemplation et vie contemplative de Père Jérôme, moine à Sept-Fons, dans ses Ecrits monastiques.

Et pour savoir qui est Père Jérôme, lisez cette page de l’Abbaye de Novy Dvur, ou cet article de La Vie!

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :