Publié par : Goéland | 30 octobre 2013

Le petit traité d’éducation du Pape

François à Assise

François à Assise

J’ai mis un peu de temps à lire les paroles que le Pape a adressées lors de sa visite à Assise. Et alors que les images qu’il trouve m’ont bien marqué – les chrétiens ne sont pas des pâtisseries, les religieuses ne sont pas des hôtesses de l’air – je ne me suis pas attaché tout de suite à ce qu’il a dit aux prêtres.

J’ai eu tort, il m’avait réservé, dans ces paroles qui ne m’étaient pourtant pas adressées, quelques belles claques pour me réveiller. Extraits :

À présent, brièvement, je voudrais souligner certains aspects de votre vie de communauté. Je ne veux pas vous dire des choses nouvelles, mais vous confirmer dans celles plus importantes, qui caractérisent votre chemin.

Je pense que nous pouvons tous nous améliorer un peu sur cet aspect : écouter tous davantage la Parole de Dieu, pour être moins riches de nos paroles et plus riches de ses Paroles.

Je pense aux papas et aux mamans, qui sont les premiers éducateurs : comment peuvent-ils éduquer si leur conscience n’est pas illuminée par la Parole de Dieu, si leur façon de penser et d’agir n’est pas guidée par la Parole ; quel exemple peuvent-ils donner aux enfants ? Cela est important, car après, les papas et les mamans se plaignent : « Cet enfant… ». Mais toi, quel témoignage lui as-tu donné ? Comment lui as-tu parlé ? Avec la Parole de Dieu ou avec la parole des journaux télévisés ? Le père et la mère doivent déjà parler de la Parole de Dieu !

La chose la plus importante, c’est de marcher ensemble, en collaborant, en s’aidant réciproquement ; se demander pardon, reconnaître ses erreurs et demander pardon, mais également accepter les excuses des autres en pardonnant — comme c’est important cela ! Je pense parfois aux couples mariés qui après tant d’années se séparent. « Eh non, nous ne nous entendons pas, nous nous sommes éloignés ». Peut-être n’ont-ils pas su demander pardon à temps. Peut-être n’ont-ils pas su pardonner à temps. Moi, je donne toujours ce conseil aux nouveaux époux : « Disputez-vous autant que vous le voulez. Si les assiettes volent, laissez-les. Mais ne laissez jamais la journée finir sans faire la paix ! Jamais ! ». Si dans les mariages on apprend à dire : « Je te demande pardon, j’étais fatigué », ou seulement un petit geste : c’est cela la paix ; et reprendre la vie le lendemain. C’est un beau secret, et cela évite ces séparations douloureuses. Comme il est important de marcher unis, sans fuite en avant, sans nostalgie du passé. Et tandis que l’on marche, on parle, on se connaît, on se raconte les uns aux autres, on croît en tant que famille. Ici, demandons-nous : comment marchons-nous ?

Voilà, chers amis, je ne vous ai pas donné de recettes nouvelles. Je ne les ai pas, et ne croyez pas ceux qui affirment les avoir : il n’y en a pas. Mais j’ai trouvé sur le chemin de votre Église des aspects beaux et importants que l’on doit développer, et je veux vous confirmer dans ceux-ci. Ecoutez la Parole, marchez ensemble en fraternité, annoncez l’Évangile dans les périphéries !

Que le Seigneur vous bénisse, que la Vierge vous protège, et que saint François vous aide tous à vivre la joie d’être disciples du Seigneur ! Merci.

En quelques lignes, je trouve que l’on a un beau traité d’éducation à l’usage des parents. Education des enfants, mais aussi et surtout éducation de soi-même.

La seconde partie, sur le pardon, est assez classique (J’ai souvenir d’avoir entendu le P. Guy Gilbert le dire, et même le maire, à mon mariage, nous l’a dit ( « Je vais vous dire un secret. L’important, ce n’est pas de ne pas se disputer, mais c’est de se réconcilier le soir sur l’oreiller. » Puis, se tournant vers le prêtre qui allait célébrer le lendemain notre mariage : « Pardon, Monsieur le Curé, mais c’est vrai ! » Grand sourire du Padre : « Ah mais je suis tout à fait d’accord ! »). Mais aussi classique soit-elle, ça fait du bien de l’entendre dire, surtout par un pape !

En revanche, la première est surprenante. Du moins, elle m’a surpris, moi.

Quel témoignage lui as-tu donné ? Comment lui as-tu parlé ? Avec la Parole de Dieu ou avec la parole des journaux télévisés ? Le père et la mère doivent déjà parler de la Parole de Dieu !

Il faut (essayer de) mettre en application la Parole de Dieu dans notre vie, c’est le b-a-ba. Ça, je le sais. Et montrer l’exemple à ses enfants, ça va de soi. En théorie.

Le faire, c’est un peu plus dur, évidemment.

Mais là, François ne dit pas seulement « Lui as-tu parlé de Dieu ? », comme on peut apprendre le caté à ses enfants. Ni « As-tu été un exemple pour tes enfants ? Ta parole et tes exemples ont-elles conduit tes enfants vers Dieu ? ». Mais « Lui as-tu parlé avec la Parole de Dieu ? Ta parole a-t-elle été Parole de Dieu ? ». En clair, quand tu lui as dit « Je t’aime », à ton enfant, était-ce Dieu qui parlait par toi ? Ton sentiment était-il à la hauteur de Dieu ? Et quand tu l’as engueulé, était-ce avec ton énervement, ta colère, ta rage ? Ou avec, encore une fois, l’amour de Dieu qui veut le bien de son enfant ?

Et là, jeune papa, tu te prends une belle claque. On dépasse le simple « Je dois être un exemple pour mes enfants ». On atteint le « Je dois être l’image du Père. Mes paroles, mes pauvres paroles, doivent être imbibées, gorgées de celles de Dieu. Ou plutôt rayonnantes de celles de Dieu. Ma parole doit devenir celle de Dieu. »

Face à la grandeur de cette exigence, nous avons le choix : désespoir ou émerveillement ?

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