Publié par : Goéland | 11 novembre 2013

En attendant la Révolution

Prémisses d'une révolution ?

Prémisses d’une révolution ?

On en voit tous les jours, dans tous les médias, des Français énervés, apeurés.

Apeurés de perdre leur boulot, de se retrouver à la rue, de ne pas pouvoir aider leurs enfants, ou même leurs parents… Énervés d’avoir choisi des incompétents. Des dirigeants qui créent polémique sur polémique (« attention, le racisme revient » après « attention, le fascisme revient », lui même suivant « attention, l’homophobie revient »…) pour détourner l’attention et masquer leur incapacité à gouverner. Des leaders qui jouent avec de grandes idées, qui parlent à tous moments des Valeurs de la République™, pour donner l’impression de prendre de la hauteur, alors qu’il faudrait plutôt qu’ils se décident à mettre les mains dans le cambouis pour rendre la vie plus simple. Notez que si je parle des gouvernants d’aujourd’hui, ceux d’hier ne me paraissaient pas plus vertueux…

Bref, on en parle partout, dans chaque journal, sur chaque télé, dans chaque tweet aussi, et on montre des chômeurs en larmes, des employés en colère, des agriculteurs qui brûlent des portiques, des entrepreneurs qui râlent, des lycéens qui manifestent…

Et face à cela, il y a une chose fascinante : une excitation.

Tous les commentateurs, du plus grand éditorialiste au plus petit twittos, ont l’air de se délecter et d’attendre avec envie la prochaine bourde, le couac, le dérapage, la manif, l’étincelle qui viendra mettre le feu aux poudres. On sent un désir de renverser la table, de refaire Mai 68, de résister, de se rebeller, de revivre la Révolution… Chacun rêve d’un grand chambardement – remaniement, dissolution de l’Assemblée, démission du Président, changement de régime politique, anarchie… – qui sera porteur de plus de justice et de fraternité. Ou du moins de l’idée que chacun s’en fait : moins de licenciements, moins de règlements, moins d’impôts, moins d’expulsions, moins d’attaques contre la famille… On sent arriver un bordel généralisé. On le réclame même parfois en riant, à grand coup de Hollande bashing.

Et moi, j’hésite entre impatience de voir comment tout cela va se terminer, désir de voir tomber un système qui promeut de plus en plus des valeurs qui m’horrifient, prudence face à l’inconnu – devons-nous nous attendre à 1789 ? A 1830 ? A 1917 ? A 1958 ? A 1968 ? – et désespoir de voir que pendant ce temps-là, personne ne se préoccupe de ce qui est grave

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